employé démotivé

Un collaborateur qui décroche, des résultats en baisse, une dynamique d’équipe fragilisée. La sous-performance est l’un des défis les plus délicats auxquels un manager est confronté. Bien gérée, elle peut devenir un levier de transformation puissant  autant pour le collaborateur que pour l’équipe. Mal gérée, elle coûte cher : en performance, en climat social et en turnover.

Dans cet article, nous vous livrons une méthode concrète, bienveillante et exigeante pour accompagner efficacement un collaborateur en situation de sous-performance.

Qu’est-ce que la sous-performance d’un collaborateur ?

Avant d’agir, il faut bien définir ce que l’on entend par sous-performance. Il ne s’agit pas d’un collaborateur qui traverse une mauvaise semaine ou qui rate une mission ponctuelle. On parle de sous-performance lorsqu’un écart durable et significatif est constaté entre :

  • les résultats attendus (objectifs, OKR’s, livrables) ;
  • et les résultats réellement produits.

Ce que les recruteurs et managers recherchent souvent sur ce sujet : Comment différencier un manque de compétences d’un manque de motivation ? Comment aborder la sous-performance sans briser la relation ? Quand faut-il escalader ?

Étape 1: Détecter les signaux avant qu’il ne soit trop tard

La sous-performance s’installe rarement du jour au lendemain. Elle se construit progressivement, et le manager attentif peut la repérer bien avant qu’elle ne devienne une crise.

Les signaux d’alerte à surveiller

Signaux comportementaux :

  • Retards fréquents ou absences répétées
  • Isolement progressif de l’équipe
  • Réactivité et initiative en baisse
  • Irritabilité, démotivation visible

Signaux liés aux résultats :

  • Non-atteinte répétée des objectifs
  • Augmentation des erreurs ou des reprises
  • Délais non respectés
  • Qualité en déclin sur des tâches maîtrisées auparavant

L’enjeu à ce stade : ne pas confondre un signal isolé avec un problème structurel. Un bon manager contextualise. Une baisse de régime après un deuil n’est pas une sous-performance  c’est une situation humaine qui nécessite une autre réponse.

Étape 2 : Diagnostiquer avant d’agir : chercher les causes réelles

C’est l’étape la plus importante et la plus souvent négligée. Agir sans comprendre, c’est soigner les symptômes sans traiter la maladie.

Les grandes familles de causes

Causes organisationnelles (côté management et entreprise) :

  • Objectifs mal définis, irréalistes ou non partagés
  • Manque de ressources ou d’outils adaptés
  • Surcharge de travail chronique
  • Manque de feedback régulier de la part du manager
  • Poste inadapté aux compétences ou aux ambitions du collaborateur

Causes liées au collaborateur :

  • Compétences insuffisantes pour les missions confiées
  • Perte de sens ou désalignement avec les valeurs de l’entreprise
  • Problèmes personnels (santé, famille, financiers)
  • Désengagement progressif ou burn-out en cours
  • Conflits relationnels non résolus

Causes liées à la dynamique d’équipe :

  • Ambiance toxique ou tension entre collègues
  • Sentiment d’injustice dans la répartition des charges ou des reconnaissances
  • Mauvaise intégration ou sentiment d’exclusion

Cette phase de diagnostic ne peut pas se faire depuis le bureau. Elle exige une observation terrain, des échanges informels et une vraie curiosité à l’égard du collaborateur concerné.

Et si la sous-performance avait été détectable dès le recrutement ?

Souvent, les difficultés d’un collaborateur prennent racine bien avant sa prise de poste : un profil de personnalité inadapté aux exigences du rôle, des moteurs de motivation éloignés de la culture d’entreprise, ou des aptitudes cognitives insuffisantes pour le niveau de complexité du poste.

Les tests psychométriques Central Test, disponibles via Emploitic, permettent d’évaluer avec rigueur scientifique trois dimensions clés avant l’embauche :

  • La personnalité — les traits comportementaux qui influencent la performance au travail
  • La motivation — les leviers qui maintiennent l’engagement dans la durée
  • Les aptitudes cognitives — les capacités de raisonnement et d’apprentissage

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Étape 3 :  Conduire un entretien structuré : la clé de la relation

Une fois le diagnostic posé, l’entretien avec le collaborateur est une étape incontournable. C’est ici que tout se joue : la relation de confiance, la clarté des attentes et la motivation à changer.

Comment préparer cet entretien ?

  • Choisir un cadre neutre, privé et sans interruption
  • Préparer des faits concrets et objectifs (pas des jugements)
  • Définir les points que vous souhaitez aborder et dans quel ordre
  • Anticiper les réactions possibles du collaborateur

Comment conduire l’entretien ?

Commencer par écouter. Avant d’exposer votre diagnostic, laissez le collaborateur s’exprimer sur sa situation. Comment se sent-il dans son poste ? Qu’est-ce qui le freine ?

Formuler les faits, pas les jugements. Dites “Je constate que les délais n’ont pas été respectés sur trois des cinq derniers projets”, pas “Vous êtes constamment en retard.”

Chercher ensemble les causes. L’entretien n’est pas un tribunal  c’est un espace de co-diagnostic. La question à poser : “Selon vous, qu’est-ce qui explique cette situation ?”

Clarifier les attentes. À la fin de l’entretien, le collaborateur doit savoir précisément ce qui est attendu de lui, dans quels délais et selon quels critères.

Formaliser la discussion. Un compte-rendu écrit  même court  est essentiel. Il protège les deux parties et sert de référence pour la suite.

Les erreurs à ne pas commettre pendant cet entretien

  • Parler uniquement de résultats sans aborder le ressenti du collaborateur
  • Se laisser emporter dans une gestion émotionnelle de la situation
  • Promettre des solutions sans pouvoir les tenir
  • Terminer l’entretien sans plan d’action clair

Étape 4 : Construire un plan d’accompagnement sur mesure

Un entretien sans plan d’action ne sert à rien. L’accompagnement concret du collaborateur passe par la mise en place d’un plan de remédiation ou plan de développement structuré.

Les composantes d’un bon plan d’action

Des objectifs SMART : Les objectifs fixés doivent être Spécifiques, Mesurables, Atteignables, Réalistes et Temporellement définis. Un objectif flou génère une sous-performance floue.

Des ressources allouées : Formation, coaching, binôme avec un collègue expérimenté, réduction temporaire de la charge de travail… Le manager doit mettre les moyens en face des ambitions.

Un suivi régulier et structuré : Des entretiens de suivi courts (30 min) mais réguliers sont plus efficaces qu’une grande réunion trimestrielle. C’est dans ces moments-là que le collaborateur sent qu’il est soutenu, pas surveillé.

Le rôle du manager pendant le plan d’action

Le manager n’est pas un arbitre, il est un facilitateur. Son rôle pendant cette période est de :

  • Débloquer les obstacles que le collaborateur ne peut pas surmonter seul
  • Donner du feedback régulier, constructif et documenté
  • Reconnaître publiquement les progrès, même modestes
  • Garder une posture de soutien sans tomber dans la complicité passivo-bienveillante

Étape 5 : Évaluer les résultats et décider de la suite

À l’issue de la période d’accompagnement, il est temps d’évaluer objectivement les résultats. Trois scénarios sont possibles.

Scénario 1 : Le collaborateur a progressé

C’est le résultat recherché. Il convient alors de reconnaître et valoriser les progrès, d’ajuster les objectifs pour la prochaine période et de capitaliser sur ce qui a fonctionné dans l’accompagnement.

Scénario 2 : Des progrès partiels

Le collaborateur a fait des efforts mais n’a pas atteint tous les objectifs. Il s’agit d’analyser ce qui a bloqué, d’ajuster le plan, d’envisager un changement de poste en interne ou d’approfondir l’accompagnement avec les RH.

Scénario 3 : Aucune amélioration malgré l’accompagnement

Dans ce cas, et uniquement si l’entreprise a rempli ses obligations d’accompagnement, les décisions RH et disciplinaires peuvent être envisagées. Cette étape doit impliquer la DRH et respecter scrupuleusement le cadre légal.

Les questions fréquemment posées par les managers (FAQ)

Combien de temps doit durer un plan d’accompagnement pour sous-performance ? La durée varie selon le contexte, mais une période de 1 à 3 mois est généralement recommandée. Elle doit être suffisamment longue pour permettre une réelle progression, mais suffisamment courte pour rester mobilisatrice.

Faut-il impliquer les RH dès le début ? Il est conseillé d’en informer les RH dès la phase de diagnostic, notamment pour s’assurer que la démarche est conforme aux obligations légales et à la politique interne de l’entreprise.

Comment gérer la réaction du reste de l’équipe ? La confidentialité est essentielle. Le manager ne doit pas exposer la situation individuelle d’un collaborateur à l’équipe. Si la sous-performance a un impact collectif, il peut en parler en termes de résultats d’équipe sans pointer de responsable.

Que faire si le collaborateur refuse l’entretien ou le plan ? Le refus doit être documenté. Il représente en lui-même un signal fort et peut constituer un élément de la décision RH qui s’ensuivra. Une médiation ou l’intervention des RH peut s’avérer nécessaire.

Un manager peut-il être tenu responsable de la sous-performance d’un collaborateur ? Oui, partiellement. Un management défaillant  manque de feedback, objectifs flous, surcharge non régulée  peut être une cause directe de sous-performance. C’est pourquoi le diagnostic doit être honnête des deux côtés.

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Anticipez les problèmes de performance dès l’étape du recrutement

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