Formation des étudiants
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« Former les étudiants aux métiers de demain »
Afin de rapprocher durablement l’université du monde économique, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique multiplie les réformes de rupture. Double cursus et essor du statut d’étudiant-entrepreneur via l’arrêté 1275 : le Professeur Mounir Ziani, sous-directeur à la Direction de l’enseignement et de la formation, livre la première partie d’un éclairage complet sur cette mutation profonde.

Soir RH et Carrière : Le ministère permet désormais à un étudiant de préparer deux licences simultanément. Quels profils de bacheliers visent cette mesure et comment cette double compétence va-t-elle faire la différence sur le marché du travail face aux recruteurs ?

Pr. Mounir Ziani : Dans le cadre des parcours de formation à double diplomation, le nouveau bachelier peut s’inscrire, avec un seul baccalauréat, dans deux parcours de formation différents simultanément pour obtenir deux diplômes universitaires. Ce double diplôme permet à l’étudiant d’acquérir des connaissances et des compétences dans deux domaines de formation complémentaires. Cela constitue un atout supplémentaire pour l’insertion professionnelle et l’adaptation à l’évolution rapide des métiers, grâce à l’acquisition d’une double compétence. Ce mode permet au diplômé de faciliter son employabilité et de l’aider à élargir ses horizons professionnels.

Sept (07) nouvelles offres de formation en licence et en master, dans le cadre de la double diplomation, sont habilitées au titre de l’année universitaire 2026-2027, portant ainsi le nombre total des formations à 27. Pour le parcours de Licence, on a 06 formations :
✓ Langue anglaise + droit à l’université de Chlef,
✓ Information + langue italienne à l’université de Blida 2,
✓ Droit public + relation internationale à l’université de Blida 2,
✓ Informatique + marketing digital à l’université de Ghardaia,
✓ Informatique + mangement hôtelier et administration à l’université de Ghardaia.

01 formation pour le parcours du Master :
✓ Big Data + Automatique et Digitalisation à l’université d’Annaba.

Ces formations sont destinées aux bacheliers de différentes séries de baccalauréat : mathématiques, sciences expérimentales, techniques mathématiques, gestion et économie, lettres et philosophie, langues étrangères et arts, selon le parcours de formation choisi.

SRC : Le dispositif visant à transformer les projets de fin d’études en entreprises viables prend de l’ampleur. Quel est l’impact de cette culture de l’étudiant-entrepreneur sur la création directe d’emplois en Algérie ?

Pr. Mounir Ziani : Le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique vise à orienter l’étudiant, de simple demandeur d’emploi, en un entrepreneur créateur de richesse et emplois, et ce via la promulgation de l’arrêté ministériel n°1275 du 27 septembre 2022, complété et modifié, fixant les mécanismes d’obtention « un diplôme universitaire – une entreprise économique ».

Selon les dispositions de cet arrêté, les étudiants en fin de cycle qui préparent leurs mémoires de master, d’ingéniorat ou thèse de doctorat dans ce cadre, peuvent bénéficier du label «projet innovant » visant à convertir les mémoires de fin d’études en projets de micro entreprise ou start-up ou en brevets d’invention.

Ce texte règlementaire a généré une véritable dynamique au sein des universités algériennes, contribuant directement à la création d’emplois en encourageant les nouveaux diplômés à créer leur propre entreprise et en renforçant ainsi la culture entrepreneuriale dans la société algérienne.

Certains établissements universitaires, par le biais de start-ups, de filiales ou de projets innovants, ont contribué à proposer des solutions à certains problèmes :
Par exemple, l’université de Ouargla, en partenariat avec l’université des Sciences et Technologies Houari Boumediene ont proposé des solutions intelligentes pour la gestion du trafic.

Les étudiants de l’école nationale supérieure de cyber sécurité ont mis en place une plateforme juridique intelligente, basée sur l’intelligence artificielle, dédiée au marché algérien, offrant une assistance juridique, une analyse de contrats et une communication avec des avocats agréés.

Dans le cadre de valorisation de la recherche scientifique, une équipe de recherche à l’école nationale supérieure d’agronomie d’Alger a pu inscrire de nouvelles variétés de céréales au catalogue officiel des variétés, 3 variétés de blé dur et 3 variétés d’orge résistantes à la sécheresse et à diverses maladies. Ces semences visent à renforcer la sécurité alimentaire nationale face au changement climatique.

Quelles sont les nouvelles filières introduites à cette rentrée pour répondre précisément aux besoins urgents des entreprises locales, notamment dans le numérique et les technologies de pointe?

Dans le cadre de l’adéquation formation-emploi, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a lancé la version électronique du Cadre National de Certification et de Qualification de l’Enseignement Supérieur (CNCQ); il s’agit du premier cadre national en Algérie, élaboré en coordination avec l’ensemble des secteurs ministériels. Son objectif est de :

  • rendre l’enseignement et la formation supérieurs plus adaptés aux besoins du marché du travail,
  • renforcer la visibilité des diplômes et la compréhension des qualifications générées par le système d’enseignement et de formation supérieurs,
  • Permettre à l’étudiant de mieux comprendre ses parcours pédagogiques et de prendre les décisions appropriées,
  • Favoriser l’insertion et l’apprentissage tout au long de la vie,
  • Renforcer le système d’équivalence des diplômes,
  • Associer le secteur de l’emploi à la définition des compétences.

Concernant l’évolution des offres de formation le ministère a adopté la nouvelle doctrine «former les étudiants aux métiers de demain».

Treize (13) nouvelles spécialités seront habilitées au titre de l’année universitaire 2026-2027, par exemple des spécialités liées aux nouvelles technologiques et au numérique : Ingénieur d’État en Intelligence Artificielle (dans l’objectif de former 30 000 spécialistes en IA à l’horizon 2031), Ingénieur d’État en conception des puces électroniques, Ingénieur d’État en génie minier et traitement métallurgique, Master à cursus intégré de licence en computing et nanotechnologies, Master en interopérabilité des systèmes d’information, Master en mécanique des systèmes spatiaux, et une licence en villes intelligentes.

D’autres spécialités relevant également du secteur de la santé, en coordination avec le ministère de la Santé, telles que la bio-informatique médicale, conseiller génétiques, santé et hygiène bucco-dentaire, destinée à assister les chirurgiens-dentistes, etc.

Le renforcement des formations relatives à l’identité nationale continuera également lors de la prochaine rentrée universitaire, avec la mise en place d’une formation de Master à cursus intégré de licence en information en langue amazighe.

(Vous trouverez dans la prochaine édition l’interview pour aborder la généralisation des stages en immersion professionnelle, la structuration des incubateurs universitaires, la transition vers l’anglais ainsi que la formation continue des enseignants-chercheurs).

L’AVIS DE L’EXPERT

Trois conseils pour réussir l’« offboarding » de vos salariés

Négliger le départ d’un collaborateur (offboarding) détruit la marque employeur. Voici trois conseils pour soigner les sorties, notamment celles des stagiaires et CDD en cette fin d’été.

1. Mener un entretien de départ (Exit Interview)

Donnez la parole au salarié sortant de manière neutre. Cet échange permet de comprendre les raisons réelles d’une démission ou de récolter un feedback honnête sur les failles du management et les dysfonctionnements internes.

2. Planifier la passation des dossiers

Anticipez la transition deux semaines avant la date finale. Le collaborateur doit rédiger une note claire listant l’état des projets et l’emplacement des fichiers pour éviter de désorganiser l’équipe restante.

3. Célébrer symboliquement le départ

Organisez un pot de départ ou envoyez un message de remerciement interne. Valoriser la contribution humaine, même sur un contrat court, transforme le salarié sortant en ambassadeur de votre entreprise sur le marché.

Décryptage: Climat, délestages et travail hybride : Le nouveau défi estival des DRH en Algérie

Alors que le travail hybride s’est durablement installé dans le quotidien des cadres à Alger, Oran ou Constantine, la saison estivale expose les départements RH à un défi logistique et managérial imprévu : la gestion de la productivité face aux coupures de courant et aux variations de connectivité à domicile.

L’introduction du travail à distance promettait de la flexibilité et un meilleur équilibre de vie. Pourtant, au plus fort de l’été, une réalité purement matérielle vient gripper cette organisation bien huilée : les délestages électriques réguliers et les baisses de tension.

Pour les responsables des ressources humaines, ce phénomène climatique et technique n’est plus un simple désagrément domestique. Il se transforme en un véritable enjeu de performance et de droit du travail.

La fracture de l’équipement : Qui doit payer la continuité de service ?

Le travail à distance suppose que le salarié dispose à domicile des mêmes conditions d’efficacité qu’au bureau. En cas de coupure de courant prolongée, la question de l’autonomie du matériel se pose :

  • L’investissement forcé : Certaines entreprises commencent à intégrer l’achat de batteries de secours (onduleurs) ou de routeurs 4G/5G professionnels pour leurs télétravailleurs clés afin de garantir la continuité des opérations.
  • Le flou réglementaire : Le cadre classique de la législation du travail en Algérie n’impose pas explicitement à l’employeur de prendre en charge l’infrastructure énergétique privée du salarié. Les RH se retrouvent en première ligne pour arbitrer ces demandes de compensation financière ou d’équipements additionnels.

Temps de travail effectif et « présentéisme inversé »

La coupure de courant à domicile paralyse instantanément l’accès aux serveurs, aux réunions en visioconférence et aux logiciels partagés. Comment le DRH doit-il comptabiliser ces heures de déconnexion forcée ?

  • La flexibilité des horaires : Forcer les employés à récupérer leurs heures tard le soir ou tôt le matin lorsque le réseau est stable crée un glissement dangereux vers le non-respect des temps de repos légaux.
  • Le retour forcé au bureau : Face à l’imprévisibilité de ces coupures, de nombreux managers imposent un retour temporaire à 100 % en présentiel au siège de l’entreprise, souvent mieux équipé en groupes électrogènes industriels. Ce “rapatriement” forcé suscite des tensions avec des salariés qui estiment que le climat et les transports estivaux rendent les trajets pénibles.

Vers un « droit à l’aménagement climatique » ?

Ce casse-tête estival pousse les experts en management à réfléchir à des accords d’entreprise spécifiques pour la période de forte chaleur. Certains départements RH innovent en mettant en place des « clauses de secours ». Celles-ci permettent au salarié en télétravail de basculer automatiquement sur des tâches administratives hors-ligne ou de rejoindre l’espace de coworking ou le bureau de liaison le plus proche sans pénalité sur sa prime de rendement.

L’avis de Soir RH & Carrière :
Le travail hybride en Algérie ne peut plus être pensé uniquement à travers le prisme des logiciels et de la culture managériale. Les DRH doivent intégrer les contraintes climatiques et énergétiques locales dans leurs politiques de flexibilité. Investir dans la résilience technique des collaborateurs à domicile n’est plus un luxe, mais une condition essentielle pour maintenir l’engagement des équipes et protéger la productivité globale durant l’été.

FOCUS SAISON

Moniteur de baptême de plongée : Un métier d’été sous haute pression réglementaire et touristique

De juillet à septembre, le littoral algérien voit déferler des milliers d’estivants en quête de sensations fortes. Pour les clubs de plongée, l’heure est au recrutement intensif de moniteurs saisonniers spécialisés dans le « baptême ». Un job de rêve en apparence, qui dissimule en réalité de lourdes responsabilités RH et sécuritaires.

L’économie bleue prend du galon en Algérie. Les offres de sorties et d’initiations subaquatiques sur des plateformes spécialisées se multiplient, à l’image des formules proposées sur Tahwissa, qui attirent une clientèle jeune et familiale. Pour faire face à ce pic d’activité estival, les clubs professionnels du pays se transforment en recruteurs de choc. L’objectif ? Dénicher des encadrants certifiés capables d’assurer la sécurité des néophytes pour leur toute première immersion.

Un recrutement d’experts sur le littoral algérien

Le métier de moniteur de baptême ne s’improvise pas. Contrairement à d’autres jobs d’été, l’accès à ce poste est ultra-verrouillé. Les structures reconnues, telles que le Club Aly-Sub Nautica à Aïn Benian (Alger) ou El Mordjan à la Madrague, le Paradive Club à Béni Saf, ou encore le Habibas Club à Oran, recherchent des profils hautement qualifiés. Les candidats doivent impérativement détenir des certifications reconnues (fédérales ou internationales de type CMAS ou PADI). Au-delà du niveau technique, les recruteurs estivaux ciblent des compétences relationnelles pointues : une pédagogie à toute épreuve, la maîtrise du stress d’autrui et une excellente condition physique pour enchaîner jusqu’à six ou sept baptêmes par jour dans une eau qui dépasse rarement les 24 degrés en surface.

Le casse-tête RH : Entre passion et conformité légale

Pour les gérants de clubs, la gestion des ressources humaines durant la saison estivale s’apparente à un exercice d’équilibriste. Le recrutement de ces saisonniers doit s’insérer dans un cadre légal strict :

  • La contractualisation : Le recours au Contrat à Durée Déterminée (CDD) d’usage ou saisonnier est obligatoire. Il doit détailler la couverture d’assurance spécifique du travailleur.
  • La responsabilité pénale : En mer, le moniteur est juridiquement responsable de la vie de son élève. Les départements RH des grands centres doivent donc auditer rigoureusement les compétences de secours (secourisme en mer, utilisation de l’oxygène) avant la signature du contrat.
  • Le maintien de l’équipement : En plus de l’encadrement, les contrats saisonniers intègrent souvent l’obligation d’entretien minutieux du matériel (détendeurs, gilets de stabilisation), l’outil de travail principal garantissant la survie sous l’eau.

Le moniteur de plongée saisonnier est le premier ambassadeur du tourisme subaquatique national. Pour les clubs algériens, professionnaliser ce recrutement et offrir des conditions de travail décentes (respect des temps de récupération, salaires attractifs) est le seul moyen de fidéliser ces profils rares. À l’heure où le littoral cherche à se structurer, la sécurité et la valorisation des compétences de ces travailleurs de l’ombre restent les clés d’une saison réussie.

INDICATEUR SRC

65,2 % : C’est la part exacte des travailleurs algériens qui exercent leur activité professionnelle au sein du secteur privé ou mixte. Selon le dernier rapport officiel publié par l’Office National des Statistiques (ONS), le secteur privé confirme son statut de premier moteur de l’emploi en Algérie, devançant nettement l’administration publique. Cette statistique démontre que la création de valeur et l’insertion des compétences nationales reposent désormais majoritairement sur les entreprises privées et le tissu de PME locales. 

ÉCHOS SRC

  • Le boom des Académies d’entreprise : Face au décalage entre l’université et le terrain, les grands groupes en Algérie créent leurs propres écoles internes pour formater leurs recrues. C’est le cas du groupe industriel Chiali avec sa Chiali Académie, du géant de l’automobile Stellantis qui déploie son Académie Interne à Oran, ou encore de l’opérateur Ooredoo avec la Ooredoo Academy. Ces structures intègrent directement les compétences pratiques requises par le marché.
  • L’explosion des « CV vidéos » chez les jeunes : Face à l’engorgement des boîtes mails RH, les jeunes diplômés à Alger délaissent le traditionnel CV papier au profit du format vidéo court sur les réseaux professionnels. Ce pitch dynamique de 60 secondes permet aux candidats de valoriser immédiatement leurs qualités relationnelles (soft skills). Pour les recruteurs des start-ups et agences de communication, cette tendance offre un gain de temps précieux en remplaçant efficacement le premier entretien téléphonique de présélection.